C’est une idée largement répandue : certaines femmes pensent qu’il est possible d’ovuler plusieurs fois au cours d’un même cycle menstruel. Cette croyance est souvent alimentée par des témoignages, des informations contradictoires sur Internet ou encore par l’existence des grossesses gémellaires. Pourtant, d’un point de vue physiologique, une femme ne peut pas ovuler à différents moments répartis sur un même cycle.

L’ovulation : un événement unique dans le cycle
Le cycle menstruel est orchestré par une fine communication entre le cerveau, les ovaires et les hormones.
Au début du cycle, plusieurs follicules commencent à se développer dans les ovaires sous l’influence de la FSH (hormone folliculo-stimulante). Parmi eux, un follicule devient généralement dominant et poursuit sa maturation.
Lorsque les taux d’œstrogènes atteignent un certain seuil, ils déclenchent un pic de LH (hormone lutéinisante). C’est ce pic hormonal qui provoque l’ovulation : le follicule mature libère son ovocyte.
Après cette libération, le follicule se transforme en corps jaune et commence à produire de la progestérone. Cette hormone joue un rôle essentiel : elle prépare l’utérus à une éventuelle grossesse mais elle empêche également le déclenchement d’une nouvelle ovulation au cours du même cycle.
Autrement dit, une fois l’ovulation passée et la progestérone installée, les conditions hormonales nécessaires à une nouvelle ovulation ne sont plus réunies.
Alors, qu’est-ce que la double ovulation ?
Lorsqu’on parle de double ovulation, il ne s’agit pas de deux ovulations séparées de plusieurs jours ou semaines.
La double ovulation correspond à la libération de deux ovocytes lors de la même fenêtre ovulatoire. Ces ovocytes peuvent être libérés simultanément ou à quelques heures d’intervalle, jusqu’à 12 heures environ.
Dans ce cas, les deux ovulations sont déclenchées par le même pic de LH. Elles font donc partie d’un seul et même événement ovulatoire.
C’est ce phénomène qui peut être à l’origine de certains jumeaux dizygotes, aussi appelés « faux jumeaux ». Deux ovocytes sont fécondés par deux spermatozoïdes différents, donnant naissance à deux embryons distincts.
La double ovulation existe donc bel et bien, mais elle ne signifie pas qu’une femme ovule à plusieurs moments différents de son cycle.

Pourquoi une seconde ovulation plusieurs jours plus tard est-elle impossible ?
Pour qu’une nouvelle ovulation se produise, il faudrait qu’un nouveau follicule arrive à maturité puis qu’un nouveau pic de LH soit déclenché.
Or, après l’ovulation, la progestérone sécrétée par le corps jaune exerce un effet de rétrocontrôle sur le cerveau. Elle freine la production des hormones qui stimulent les follicules et empêche ainsi le recrutement d’un nouveau follicule dominant.
Cette phase, appelée phase lutéale, est relativement stable d’un cycle à l’autre. Sa fonction est précisément d’éviter qu’un nouvel ovocyte soit libéré après l’ovulation.
C’est pourquoi il n’existe pas de mécanisme physiologique permettant une ovulation puis une autre plusieurs jours plus tard dans le même cycle.
Pourquoi certaines femmes pensent-elles avoir ovulé deux fois ?
Les variations de glaire cervicale
La glaire cervicale évolue tout au long du cycle sous l’influence des hormones.
Certaines femmes observent plusieurs épisodes de glaire fertile avant leur véritable ovulation. Cela peut se produire lorsque le corps tente de lancer une ovulation qui n’aboutit pas. On la nomme alors « tentative d’ovulation ».
Quelques jours plus tard, une nouvelle montée hormonale survient et l’ovulation a finalement lieu.
Il peut alors sembler qu’il y ait eu deux ovulations, alors qu’il s’agissait en réalité de plusieurs tentatives avant une seule ovulation effective.
Les douleurs ovariennes
Les douleurs ressenties dans le bas-ventre ne permettent pas de confirmer une ovulation.
Certaines femmes peuvent ressentir des sensations au niveau des ovaires à différents moments du cycle : croissance folliculaire, tension ligamentaire, activité digestive ou encore sensibilité pelvienne.
Ces sensations peuvent être interprétées comme plusieurs ovulations alors qu’elles ne correspondent pas nécessairement à une libération d’ovocyte.

Les tests d’ovulation positifs à plusieurs reprises
Les tests d’ovulation détectent la LH, mais un pic de LH ne garantit pas toujours qu’une ovulation ait eu lieu.
Certaines femmes peuvent observer plusieurs pics de LH au cours d’un même cycle, tout comme elles observeraient plusieurs épisodes de glaire fertile.
Le corps peut tenter plusieurs fois de déclencher l’ovulation avant qu’elle ne se produise réellement.
Le rôle clé de la symptothermie
L’observation du cycle avec la symptothermie permet de distinguer les signes annonçant l’ovulation des signes confirmant qu’elle a eu lieu.
La glaire cervicale indique que l’ovulation approche, mais elle ne confirme pas qu’elle est passée. C’est alors l’augmentation durable de la température basale qui permet de témoigner de l’action de la progestérone produite après l’ovulation. Cette montée thermique combinée à la dégradation de la glaire cervicale permet de confirmer la réussite de l’ovulation.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la symptothermie est si précieuse : elle aide à éviter les interprétations erronées basées sur un seul symptôme isolé.
Emma Luche, conseillère en symptothermie Sympto® :

