Harri Wettstein, l’homme qui voulait libérer les femmes…

Secrétaire de la fondation SymptoTherm, Harri Wettstein œuvre pour une contraception douce, la symptothermie. Il dénonce les obscurantistes de tous bords qui conservent le secret sur ce véritable Da Vinci Code féminin. Entretien

La symptothermie est une alternative fiable aux contraceptifs hormonaux. Comment expliquer qu’elle ne soit pas plus connue ?

HARRI Wettstein, dans le jardin d'Eden, oeuvre à la réconciliation de l'Homme et de la Femme
Harri Wettstein, cofondateur et secrétaire de SymptoTherm est docteur en psychologie de l’Université de Lausanne, philosophe et auteur.

Parce que cette contraception bouscule et dérange à de très nombreux niveaux… Lorsqu’une femme découvre l’existence de la symptothermie, c’est souvent à l’issue d’un parcours contraceptif chimique qu’elle ne supporte plus. Sa découverte est le fruit d’une révolution personnelle après des années de questionnements. Très peu de médecins ou gynécologues vont lui apporter cette connaissance qu’ils n’ont eux-mêmes pas apprise. On va plutôt proposer à la femme des « solutions » qui stérilisent sa féminité, entravent sa créativité liée au cycle fécond de ses hormones. C’est encore et toujours une forme de domination masculine, sous un discours pseudo-émancipateur. Les médecins nous ridiculisent, l’éducation sexuelle nous évite. Même le courant écologiste officiel nous boude. Finalement, la santé publique, si elle nous attaquait – parce que nous pouvons garantir cette contraception – nous rendrait un énorme service. Pour l’instant, elle fait comme si nous n’existons pas.

Cette connaissance est pourtant connue dans certains cercles catholiques français (le planning familial du Cler) ou allemands (la méthode Sensiplan).

La symptothermie, c’est le Da Vinci Code féminin ! C’est-à-dire une connaissance capable de restaurer le pouvoir féminin, sa véritable émancipation, grâce à la connaissance intime de son corps.

Les femmes qui s’informent dans les plannings familiaux sont finalement une minorité d’initiées. C’est pourquoi beaucoup de catholiques, même érudites ou universitaires, prennent la pilule et ne veulent pas entendre parler de la sympto…

L’église catholique n’en fait pas la promotion, car cela risque d’entraîner cette fameuse « attitude contraceptive » coupable. Une praticante ne trouvera pas cette info dans les dépliants déposés au fond de l’église… Or les femmes n’ont pas du tout envie de pratiquer l’abstinence encouragée par le dogme… Elles n’ont pas envie non plus d’une méthode approximative (retrait, Ogino…), où son angoisse est programmée. C’est quand même curieux que l’Eglise ne dise rien de musclé contre la pilule mais gare à vous si, dans le cadres de ces écoles de « méthodes naturelles » vous mentionnez le préservatif pour aider le couple à apprendre et à gérer la symptothermie… C’est, selon nous, se tromper d’ennemi.

De notre côté, nous oeuvrons dans la plus stricte laïcité à la diffusion de ce savoir inestimable, à l’aide d’un manuel gratuit et d’une application mobile que nous pensons être la plus fiable du marché.

Que dit le Vatican sur la contraception symptothermique ?

Rappelons quand-même que l’Eglise catholique représente le seul courant spirituel au monde qui s’est intéressé au cycle féminin! Pour notre Fondation Symptotherm, c’est capital à dire et à redire! Nous lui sommes infiniment reconnaissants. Vous ne trouverez aucun chercheur bouddhiste, hindou ou musulman dans la découverte et le développement de la symptothermie! Les protestants sont encore loin de cette illumination.

Le discours de l’Eglise catholique n’est pas hostile mais pèche dans les actes. Le point n° 2370 du catéchisme dit : « Les méthodes de régulation naturelle des naissances fondées sur l’auto-observation et le recours aux périodes infécondes sont conformes aux critères objectifs de la moralité. Ces méthodes respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l’éducation d’une liberté authentique ». A la limite, ce serait très intéressant si les « périodes infécondes » étaient vraiment identifiables. Or c’est seulement la symptothermie qui peut en donner la garantie !

J’essaie de secouer le conseil Pontifical depuis 15 ans sur ce qui pourrait être fait très simplement : dire qu’il y a plusieurs méthodes naturelles, plus efficaces et moins efficaces, établir une liste basée sur les études cliniques. Tout le monde s’étonnerait de cette démarche de l’Eglise, pour une fois d’avant-garde et écologique et non pas conservatrice et moralisatrice. Elle pourrait inaugurer un Siècle des Lumières en matière connaissance du cycle féminin ! Une chance pour l’Église, mais qu’elle ne voit pas.

Pourquoi l’Eglise ne saisit-elle pas cette occasion de promouvoir la symptothermie ?

Le Vatican serait totalement en faveur de la symptothermie – là il y a un foisonnement de malentendus – mais dans le conseil pontifical à Rome il n’y a aucun spécialiste pour évaluer les méthodes naturelles. Il faudrait une instance au Vatican qui tranche parmi les méthodes sinon chaque école va continuer, comme les 30 dernières années, à camper sur « sa version »: le sectarisme nous guette au coin.

Actuellement il y a un renouveau catholique pour la théologie du corps. C’est très réjouissant. Mais les malentendus du grand public à l’encontre de l’Eglise ne seront levés que si cette théologie du corps s’ancre dans le cycle féminin, avec les bases symptothermiques pour en favoriser la connaissance. Là encore, cette théologie loupe un coche.

Pour en savoir plus sur la symptothermie :

http://blog.sympto.org

Le site Sympto

Contact Fondation SymptoTherm : info@symptotherm.ch

5 réflexions sur « Harri Wettstein, l’homme qui voulait libérer les femmes… »

  1. En quoi est-ce que c’est positif et encourageant pour Sympto de dénigrer les positions de l’Eglise Catholique ?!

    (surtout que j’y relève plusieurs incompréhensions manifestes…)

    Le premier paragraphe est juste et intéressant, mais la suite est regrettable. La référence au Da Vinci Code aurait pu être évitée (non seulement l’intrigue est nulle mais c’est clairement anti-catho).

    Les MN ne sont pas une émancipation de la femme (et l’homme alors ??!) mais une façon de vivre en vérité l’amour conjugal, en respectant la loi naturelle (qui est d’unir en tout temps union et procréation).

    L’Eglise ne parle jamais de « contraception » (naturelle ou pas), car l’amour conjugal en vérité (telle que l’Eglise le voit) ne fait jamais rien contre la conception… à part s’abstenir.

    Recommander le préservatif en période fertile, c’est très risqué, tout côté théologique mis à part ! 14% d’échec selon l’OMS

    Un petit côté « hors de Sympto, point de méthode naturelle fiable » qui est exagérée… et légèrement irritant pour la monitrice Billings que je suis !

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