Les oestrogènes sont des hormones sexuelles dont les taux varient au cours du cycle menstruel. L’équilibre des oestrogènes avec la progestérone ou les androgènes est essentiel au bon fonctionnement du cycle.
Avant la ménopause, les oestrogènes sont surtout produits par les ovaires mais également par le tissu adipeux, le foie, les surrénales grâce à l’aromatase, une enzyme qui transforme les androgènes en oestrogènes.
La place des oestrogènes dans notre cycle :
La phase folliculaire débute avec les règles. Les follicules dans les ovaires se développent sous l’effet de la FSH, sécrétée par l’hypophyse. Un follicule dominant, contenant un ovocyte, grossit plus que les autres. Les cellules qui entourent l’ovocyte produisent les oestrogènes.
Juste avant l’ovulation, le taux d’oestradiol atteint un pic, qui déclenche à son tour le pic de LH, sécrétée par l’hypophyse. L’ovulation, c’est-à-dire la libération de l’ovocyte par le follicule, survient généralement 24 à 36H après le début de ce pic de LH.
Après l’ovulation, commence la phase lutéale (ou phase post-ovulatoire). Le follicule qui a libéré l’ovocyte devient le corps jaune, qui produit principalement de la progestérone, mais aussi des oestrogènes. En l’absence de grossesse, le corps jaune régresse : les taux de progestérone et oestrogène chutent, ce qui déclenche les règles.
Les rôles des oestrogènes
Les oestrogènes participent donc à la maturation des follicules, à l’ovulation, à la libido, et à l’abaissement de la température corporelle : cet effet hypothermiant est un élément clé en symptothermie. Mais ils ont aussi des rôles essentiels dans le reste du corps : maintien de la densité osseuse, protection de notre système cardio vasculaire, participe à l’équilibre du microbiote intestinale et vaginal, améliore notre sensibilité à l’insuline…
Comment sont-ils éliminés ?
C’est le foie qui les détoxifie en métabolites moins actifs, qui seront ensuite éliminés dans les urines et les selles (via la bile). Mais dans l’intestin, certaines bactéries peuvent toutefois réactiver une partie de ces métabolites, qui sont alors réabsorbés dans le sang via le cycle entérohépatique au lieu d’être éliminés.
Que veut dire le terme « hyper oestrogénie » ?
Quand on entend ce terme, on pense tout de suite à un déséquilibre hormonal où les oestrogènes seraient en excès. La réalité est plus complexe, car ce terme recouvre plusieurs situations.
- L’hyperoestrogénie réelle (peu fréquente)
Le taux d’oestrogène au bilan hormonal est nettement au-dessus des valeurs du laboratoire. Cela peut être observé dans certains situations médicales : tumeur ovarienne, kystes ovariens, stimulation ovarienne, …
- L’hyperoestrogénie relative = un déséquilibre entre les oestrogènes et la progestérone
Après l’ovulation, la progestérone produit par le corps jaune contrebalance les effets des oestrogènes. En cas de manque de progestérone, le plus souvent lié à un problème d’ovulation (ovulation absente, phase lutéale courte), les effets des oestrogènes peuvent prendre le dessus, même si leur taux est normal. Le problème ne vient donc pas d’un excès d’oestrogènes mais d’un manque de progestérone.
- D’autres facteurs qui influencent l’exposition aux oestrogènes :
Un excès de tissu adipeux (surpoids) : il peut être associé à des perturbations de l’ovulation et donc à une progestérone plus basse, ou encore à une SHBG basse en lien avec la résistance à l’insuline… Les oestrogènes sont alors moins contrebalancés sans forcément être plus élevés.
Une SHBG basse (dosée au bilan hormonal) : la SHBG est une protéine produite par le foie qui transporte les hormones sexuelles dans le sang. Une SHBG basse (à cause d’une résistance à l’insuline, hypothyroïdie) peut augmenter la part d’oestrogène libre, c’est-à-dire actifs.
Certaines perturbateurs endocriniens (présents dans l’environnement, certains cosmétiques…) pourraient avoir une action oestrogéno mimétique.
Le recyclage d’une partie des oestrogènes par certaines bactéries intestinales, évoqué plus haut.
Quels symptômes peuvent être associés à ces variations hormonales ?
Certaines femmes rapportent un syndrome prémenstruel (SPM), des tensions mammaires prémenstruelles, des maux de tête ou irritabilité avant les règles, une rétention d’eau, des règles abondantes …
Ces symptômes ne permettent pas de conclure directement à une hyperoestrogénie mais ils peuvent suggérer un déséquilibre hormonal. Une consultation médicale permet de faire le diagnostic.
Comment la symptothermie peut aider à observer l’équilibre hormonale du cycle ?
La symptothermie peut mettre en évidences des éléments à discuter ultérieurement avec un professionnel de santé.
- Repérer l’ovulation : la méthode permet de confirmer que l’ovulation a bien eu lieu, ou d’en repérer l’absence.
- Observer la durée des phases du cycle :
- Une phase folliculaire longue traduit une ovulation tardive, fréquente notamment en cas de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK),
- Une phase lutéale courte (moins de 10 jours) sur plusieurs cycles, peut évoquer un déficit en progestérone.
- Une phase folliculaire longue associée à une phase lutéale courte peut évoquer une exposition prolongée aux oestrogènes, insuffisamment contrebalancée par la progestérone.
- Observer la durée et l’abondance des règles : Des règles abondantes peuvent suggérer une stimulation prolongée de l’endomètre par les oestrogènes, sans que la progestérone soit suffisante pour contrebalancer.
- Observer la glaire cervicale : une glaire fertile, sous l’effet des oestrogènes, qui persiste longtemps sans s’assécher, ou plusieurs épisodes de glaire fertile au cours d’un même cycle, peuvent évoquer une absence d’ovulation, une ovulation tardive ou des tentatives d’ovulation.
- Une aide pour le bilan hormonal : Si ces particularités se répètent, un médecin peut prescrire un dosage de progestérone environ 7 à 8 j après l’ovulation, moment que la symptothermie permet de repérer à partir de l’ovulation estimée.

Quelques conseils pour soutenir l’équilibre hormonal :
- Alimentation : Limiter les produits transformés et privilégier une alimentation à base de produits bruts, locaux et de saison, riches en fibres notamment les crucifères (brocoli, chou, radis noir…) qui contribuent à une meilleure élimination intestinale des oestrogènes. Intégrer des aliments riches en oméga-3 (petits poissons gras, huiles végétales, graines de lins broyées) qui limitent l’inflammation.
- Limiter l’alcool qui sollicite le foie.
- Prendre le temps de manger dans le calme, de mastiquer correctement, afin de favoriser la digestion et la satiété.
- Limiter les perturbateurs endocriniens : phtalates, bisphénols, certains pesticides ou cosmétiques peuvent imiter l’action des oestrogènes.
- Pratiquer une activité physique régulière et adaptée, améliorer la qualité de son sommeil et la gestion de son stress (cohérence cardiaque) : ces trois éléments influencent la qualité de notre ovulation et donc la production de progestérone.
- Vérifier par prise de sang les taux des micronutriments essentiels au bon fonctionnement hormonal et intestinal : Fer, Zinc, iode, certaines vitamines : B6 ,B9 ,B12, A, …
- Certaines plantes à action progestative ou des traitements progestatifs sont utilisés pour soutenir la phase lutéale. La symptothermie permet de repérer à quel moment du cycle les prendre afin de bénéficier de leurs actions.
Pour conclure, l’hyperoestrogénie est rarement un simple « excès d’oestrogènes ». Le plus souvent c’est un déséquilibre hormonal complexe à identifier. Les observations en symptothermie sont un point de départ précieux pour en parler avec son médecin.
Sources :
* Microbiote intestinal et oestrogènes : https://pubmed.
* Équilibre entre oestrogènes et progestérone : https://pubmed.
* Perturbateurs endocriniens et oestrogènes : https://pmc.
Joycia, conseillère en symptothermie Sympto® :

