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Contraception féminine : Le Da Vinci code « sympto » en open source

Engagée aux côtés des femmes dans la gestion de leur fertilité, la fondation SymptoTherm vient de mettre en mode collaboratif, avant un open source complet,  le code logiciel de son application sympto. Ce didacticiel est une synthèse de la symptothermie, véritable alternative à la pilule et aux autres contraceptifs hormonaux. Sa version numérique en facilite l’apprentissage et la pratique.

Découverte dans les années 60, la symptothermie nécessitait autrefois une feuille de papier, un crayon et une gomme. Aujourd’hui, grâce aux nombreuses possibilités du numérique, les femmes peuvent observer et gérer leurs cycles directement via leur téléphone, ordi ou tablette (Elles ont remplacé la pilule par leur mobile, Echo Magazine). Proposant une sécurité équivalente à celle de la pilule, la symptothermie moderne n’a rien d’une méthode de grand-mère. D’autant plus qu’elle s’appuie désormais sur le numérique pour un usage bien plus pratique.

Une interface pédagogique et conviviale

Il existe de nombreuses appli mobile dans le domaine de la fertilité (pour la contraception ou la conception). Mais le logiciel/didacticiel sympto est actuellement le plus performant (voir les études comparatives sur les applications). Pour arriver à cette prouesse technique, la fondation SymptoTherm a investi beaucoup de temps et… de matière grise. « Il a fallu mettre en algorithmes toute la méthode et ses subtilités, combiner les différents indices de fertilité, intégrer des messages didactiques pour l’utilisatrice, etc ! Au final, nous offrons une interface pédagogique et conviviale à toutes les femmes désireuses de passer à la contraception écologique », explique Harri Wettstein, secrétaire de la fondation.

cycle 3 POUR SITE WEB

Conçu par Santiago Léma, informaticien de génie, le code source de sympto est basé sur un protocole de Harri Wettstein. Ce protocole très sophistiqué a été élaboré entre 2006 (sympto 1) et 2008. sympto « tourne » sans faille depuis 2009.

Après avoir placé sous licence libre son manuel d’apprentissage (La Symptothermie complète, disponible en plusieurs langues), la fondation ouvre désormais à l’open source l’application sympto. « Fin 2014, en mettant gratuitement à disposition le véritable « Da Vinci Code féminin  ainsi que les fichiers nécessaires pour modifier, améliorer ou adapter ce logiciel, nous faisons donc un pas de plus pour la démocratisation de ce savoir ».  [Mise à Jour AOUT 2017] : Pour l’instant, le code placé sur Github est réservée à une équipe d’utilisatrices sympto, par ailleurs développeuses, rejointes par d’autres développeurs de la gent masculine intéressés par le projet. Les personnes désirant s’impliquer peuvent s’adresser directement à Harri Wettstein, chef de projet, secrétaire de la Fondation.

Cette ouverture à la collaboration extérieure est un peu un pari : « Le monde de l’open source ou du logiciel libre est très masculin. Nous comptons sur l’intérêt ou la curiosité d’informaticiens passionnés pour apporter un certain nombre d’améliorations au service des femmes ! Santiago Léma a su améliorer le didacticiel sympto sur bien des points mais il serait nécessaire d’en faire une mise-à-jour complète », lance Harri Wettstein.

Une question d’éthique

A la différence des autres organismes symptothermiques, qui proposent ou pas des applications mobiles, la fondation SymptoTherm est la seule à partager et redistribuer la connaissance symptothermique. « C’est pour nous une question d’éthique ; toutes les femmes doivent pouvoir s’approprier le fonctionnement de leur corps et, par extension, celui d’une contraception écologique. C’est une question de liberté de choix face à la pilule », explique Harri Wettstein.

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Une pub sympto.  A noter que lorsque la femme s’observe selon les règles décrites, avec au départ l’aide d’une conseillère sympto, la contraception naturelle peut être garantie par la fondation.

Harri Wettstein ne craint pas la concurrence : «Au contraire! Je souhaite que les autres organisations qui promeuvent la symptothermie conçoivent leur propre application. On pourrait alors les comparer pour les améliorer ». Le secrétaire de la fondation déplore par ailleurs le manque de partage et de dialogue au sein du petit milieu de la symptothermie. « Plutôt que la culture du secret, il faudrait développer l’esprit collaboratif. Pour contrer ensemble, par exemple, toutes les arnaques des applications dédiées à la fertilité qu’on trouve sur les stores. Seules deux sont vraiment sûres pour l’instant, capables de garantir la sécurité contraceptive ».

Bien qu’elle soit sûre et écologique, la méthode symptothermique n’est pas encore très connue. Le but de la fondation SymptoTherm est justement de promouvoir ce moyen de contraception et de le diffuser tel un précieux savoir populaire. Mais elle n’a pas encore reçu un accueil favorable de la part des instances médicales ou éducatives, trop frileuses pour faire confiance à ce moyen de contraception naturel. Peut-être qu’un soutien inattendu viendra du monde logiciel !

Passer de la pilule à la contraception naturelle

La pilule n’a plus le vent en poupe. Beaucoup de femmes cherchent des alternatives respectueuses de leur corps. La contraception écologique existe avec la symptothermie moderne. Mais gérer la transition n’est pas si aisée. Voici quelques conseils pour renouer en douceur avec son cycle.

Valentina Salonna, conseillère sympto. Photo Adriano Cavaliere
Valentina Salonna, conseillère sympto. Photo Adriano Cavaliere

 1. Retrouver confiance en soi

« Au premier contact, je remarque souvent un grand manque de confiance. La femme a peur de « se louper » en adoptant une contraception écologique, non reconnue par le corps médical, explique Valentina Salonna, sexologue et conseillère en symptothermie. Les femmes ont du mal à « lâcher » la sécurité officielle, socialement validée, plutôt que de développer leur propre sécurité intérieure. Or elles doivent savoir que la symptothermie repose sur une connaissance profonde de leur corps. Acquérir ce savoir va leur permettre de renouer avec la confiance en elles face au choix de la contraception écologique ».

« Ce problème de confiance est sans doute le frein le plus important à l’adoption de la symptothermie », confirme Christine Bourgeois, co-auteure du livre La Symptothermie complète.

Présidente de la fondation SymptoTherm, basée en Suisse, Christine conseille les femmes depuis trente ans en matière de contraception naturelle. « La femme doit prendre conscience que sa fertilité n’est pas une maladie à contrer par un cachet quotidien. Elle effectue simplement un retour à la normalité, avec un sentiment d’équivalence avec l’homme ».

2. Soutenir son corps

Nous ne sommes pas des machines… Notre cycle est très sensible au stress, y compris au stress chimique. « Lorsqu’une femme vient me voir pour commencer la symptothermie, je lui conseille tout d’abord de finir sa plaquette ! Sinon, cela met le cycle sens dessus dessous », sourit Christine Bourgeois. Après des années de pilule, il est possible que le cycle ait besoin de plusieurs mois pour redevenir ovulatoire. Il ne faut surtout pas s’inquiéter ! On compte généralement un cycle de réadaptation par année de pilule. C’est un ordre d’idée, et pas forcément la réalité, mais cela peut aider la femme à rester sereine. Elle peut profiter de la période d’apprentissage pour développer ses observations et son ressenti. Très rapidement, des effets positifs vont l’aider à persévérer : moins de migraines, un meilleur sommeil, un moral qui remonte, une meilleure libido, une perte de poids… »

La femme peut aider son corps à retrouver un fonctionnement naturel grâce à des cures naturelles. Tout d’abord, il faut du magnésium, l’un des grands régulateurs du cycle ! Environ 300-400 mg par jour pour faire remonter les stocks épuisés par les hormones de synthèse. Côté nutrition, privilégier les légumes verts, les oléagineux et les pois chiches, riches en magnésium.

Pour réguler le cycle, il y a aussi le gattilier, une plante « progestérone-like » qui va soutenir la phase post-ovulatoire. A prendre dans la deuxième partie du cycle.

Sagesse et pouvoirs du cycle féminin, Sarah Maria Leblanc, Marie Pénélope Peres, le souffle d'or, 2017, 2014.
Sagesse et pouvoirs du cycle féminin, Sarah Maria Leblanc, Marie Pénélope Pérès, le souffle d’or, 2017, 2014.

Enfin, on peut compléter par une cure de drainage, chardon-marie/pissenlit par exemple. Vous trouverez un protocole « post-pilule » (programme santé sur trois mois) dans l’excellent livre Sagesse et Pouvoirs du cycle féminin, écrit par Sarah-Maria Leblanc et Marie Pénélope Pérès, qui se sont penchées sur les manières d’éliminer les perturbateurs endocriniens et les xéno-oestrogènes. Si le cycle tarde à retrouver son rythme de croisière, mieux vaut alors consulter un naturopathe.

3. Suivre une bonne formation en contraception naturelle

La symptothermie nécessite une période d’apprentissage. « Environ 6 mois, précise Christine Bourgeois, au cours desquels la femme va apprivoiser les signes corporels de sa fertilité. Pour que la méthode symptothermique soit sûre, il faut s’observer correctement. Mais apprendre à se connaître prend un peu de temps ! » Pour aider les femmes, la fondation a mis en ligne et en accès livre son manuel, La Symptothermie complète. On peut aussi se le procurer en version papier sur Amazon. Enfin, la fondation dispose d’un réseau de conseillères pour effectuer un suivi online lorsque la femme ne souhaite pas suivre une formation classique.

« La symptothermie, c’est un peu comme le permis de conduire. On ne se lance pas seule sur la route sans un temps de conduite accompagnée ! », prévient Valentina.

« Pour aider les débutantes, il existe le groupe d’entraide Facebook Symptothermie. Pas moins de 100 femmes nous rejoignent chaque semaine! La fondation Symptotherm a aussi édité un nouveau guide pour les débutantes, le Sympto Basic, plus accessible que le grand manuel! », explique Pryska Ducoeurjoly, conseillère et administratrice de la fondation SymptoTherm.

4. Dialoguer avec son partenaire

Changer de contraception n’est pas sans impact sur le couple. « Amorcer un changement de contraception peut mettre en difficulté le partenaire, pas toujours prêt à partager la responsabilité de la fertilité. C’est toute la question du respect mutuel et de l’amour au sein du couple. Il est important de nourrir la discussion avec son compagnon pour bien lui expliquer la méthode. L’homme doit aussi se montrer motivé afin que la femme puisse se sentir soutenue pendant ses débuts. L’idéal est que le couple suive ensemble une formation », conseille Christine.

« Si l’homme ne fait pas confiance à sa compagne, cela peut compromettre le succès de la phase d’apprentissage », explique Valentina. A l’inverse, la femme doit éviter le forcing, pour se montrer à l’écoute de son homme, afin de comprendre son point de vue mais aussi ses petites peurs à lui ».

Plus d’information sur www.sympto.org et symptothermie.com

Et pour finir, 2 minutes de détente avec cette vidéo humoristique :

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